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Journée des dys

Samedi 6 décembre 2008 6 06 /12 /2008 01:24

Une « Première » en Seine et Marne pour la Deuxième

Journée Nationale des Dys

 

 

Ne pas attendre que la pression retombe ou se donner quelques jours pour « faire le point » sur cette 2ème Journée.

 

Là est toute la question… Il y a d’abord l’envie de partager avec les autres antennes et familles relais ses 1ères impressions à chaud puis prendre le temps de lire les fiches « votre avis nous intéresse » (distribuées aux participants) pour prendre la température côté salle.

 

J’ai tranché….l’article sera écrit au fil des jours, un journal dans votre journal…

 

Retour sur l’organisation de cette soirée organisée avec l’association Lémos Dedys (association Seine et Marnaise pour l’ensemble des troubles « dys ») :

 

Des courriers adressés aux 273 orthophonistes du département , 23 cantons,  27 inspections de circonscription,  médecins scolaires, associations de parents d’élèves….plus le porte à porte dans  les écoles, collèges et lycées de nos enfants….une véritable succursale de la poste !

 

Notre première réunion « publique » a débuté à 20H et les derniers participants sont partis à minuit 30 précises…


Extinction des feux dans nos maisons respectives à 2H00 du matin.

A notre grande surprise, les premiers arrivants (professionnels et familles)  se sont littéralement « jetés » sur les documentations, saisissant plusieurs exemplaires de chaque pour distribuer à leur entourage. De l’info, encore de l’info, toujours de l’info…

 

Ils étaient 100, assis, cahiers à la main, silencieux, concentrés…une classe attentive et surtout motivée…le rêve pour un  professeur !

 

Notre première partie a planté le décor en diffusant notre petit film « Nous et nos dysfférences » tourné un dimanche de juin ensoleillé. Une maman, réalisatrice, sensibilisée par un ami « dys »,  a proposé bénévolement de laisser s’exprimer les enfants et adolescents des 2 associations devant une caméra.  

 

Le public a découvert une mosaïque de portraits extrêmement touchants de sincérité et de pudeur. Gros plan sur ces visages où le regard en dit souvent plus long que les mots …

Applaudissements interminables à la fin de la projection !

 

Puis il a fallu rentrer, un peu malgré nous, dans le monde des adultes. Chaque intervenant (orthophonistes, psychologues, médecin scolaire, enseignantes spécialisées TSL) a défini sa mission dans le parcours d’un enfant, adolescent ou adulte dys.

 

Un silence religieux, une écoute accompagnée de prises de notes, chacun a compris qu’il fallait attendre la fin des interventions pour  interroger.

 

La « barrière » prof/élèves est tombée lors de la pause. Les intervenants se sont mis à la disposition des familles et  des autres professionnels.

C’est dans une atmosphère plus « familiale » que la 2ème partie a commencé. Je pense ne rien vous apprendre sur le type de questions posées car elles sont majoritairement axées sur la scolarisation, les aménagements, la coopération ou non de l’Education Nationale…

Nous craignions des accusations contre la MDPH, l’EN, les centres référents etc… mais il ne s’agissait pas d’un procès plutôt de demande d’orientation, de conseils … Bref là où nous pouvons vraiment être utiles.

 

Nous clôturons cette soirée sur le constat d’une grande hétérogénéité dans un même département.

 Selon l’implication et le niveau d’information des professionnels dans le milieu public ou libéral les parcours des enfants ou adolescents « dys » sont  très divers.

Reste notre instinct qui nous permet de discerner si les choix proposés conviendront à notre enfant ou non. Mais là encore nous ne sommes pas égaux car il faut oser affronter les critiques et croire en l’avenir.

 

J+1 : Mails des intervenants pour nous remercier ! Là on ne s’y attendait pas du tout… Conscients que c’était une grande première sur le département, ils nous félicitent sur la qualité de l’organisation et se disent prêts à participer à d’autres manifestations. Nous sommes sur un petit nuage …

 

J+2 : La curiosité l’emporte, le dépouillement des fiches n’attendra pas Lundi, nous voulons connaître l’identité des participants et leurs attentes.

Non seulement les fiches ont été complétées entièrement par les familles ou professionnels mais certains ont ajouté des lignes supplémentaires pour remercier, féliciter ….

Nous restons sur notre petit nuage ….

 

J+3 à J+7 : Nous recevons en moyenne de 5 appels par jour ! La  majorité des appels vient des familles pour des compléments d’infos ou une  invitation à organiser une réunion dans leur ville.  Mais un appel par jour vient soit d’un  cabinet d’orthophonistes, de médecins généralistes ou spécialistes  s’excusant de ne pas s’être déplacés à la soirée mais le bouche à oreille a si bien fonctionné qu’ils souhaitent  des dépliants à  distribuer aux familles. Enfin il y a les appels  de chefs d’établissement qui souhaitent nous rencontrer…

 

Nous entamons maintenant notre atterrissage, mais nous garderons nos « ailes » pour nous déplacer !  

Article rédigé  pour l'association Avenir Dysphasie par Edwige de Bardonnèche Famille relais AAD77 - Vice-Présidente Lémos Dedys

Par Lémos Dedys - Publié dans : Journée des dys
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Samedi 6 décembre 2008 6 06 /12 /2008 01:05

 

Témoignage de Mégane 16 ans membre du CA pôle jeunes

 

Aujourd’hui c’est le 10/10, c’est notre journée, celle des « Dys », on nous donne la parole.

 

Notre différence ne se voit pas, On dit que c’est un handicap invisible qui  envahi notre vie et celle de nos familles.

 

Nous fonctionnons différemment, nous apprenons différemment, plus lentement et nous avons des problèmes de concentration car nous devons faire beaucoup d’efforts.

 

Ecrire,  parler, compter, se repérer dans le temps et l’espace c’est simple mais pour nous les dys tout devient compliqué, tout s’emmêle dans notre tête

 

Quand on veut écrire, on ne sait plus dans quel sens placer nos lettres pour former des mots et c’est difficile de nous lire ou pour certains d’entre nous tout simplement communiquer.

 

Pour d’autres,  c’est de pouvoir compter  sans se mélanger les chiffres, les nombres, de comprendre le sens des opérations.

 

Et puis il y a ceux qui n’arrivent pas à faire leurs lacets, rattraper un ballon,  se repérer dans leur collège et apprendre les saisons.

 

Quand on veut lire, les lignes tremblent, les mots dansent sous nos yeux, on essaye de réunir les lettres pour former des sons mais on ne s’en souvient plus.

 

 Les sons, se mélangent et parfois font des farandoles sans fin, on ne s’y  retrouve plus, nous nous sentons submerger, c’est la panique.

 

Le plus difficile c’est quand on  apprend nos leçons  on ne sait pas toujours comment écrire pour montrer qu’on sait.

 

Nous sommes des enfants joyeux, curieux, et créatifs. Nous nous  décourageons  parfois mais nous n’abandonnons jamais.

 

Pour réussir il faut de la volonté et nous l’avons mais il faut aussi être soutenu car nous nous fatiguons plus vite.

 

Nos parents sont très présents, mais nous devons leur apprendre à nous laisser nous débrouiller tous seuls parfois.

 

Etre « Dys » ce n’est pas une fatalité, cela  nous renforce et nous faire voir le monde différemment. Vous avez beaucoup à apprendre de nous, écoutez nous….

 

Nous, les enfants et jeunes des associations Lémos Dedys et Avenir Dysphasie 77 vous invitons sur notre planète « dys » le temps de ce petit film.


Témoignage de parents

 

 

            Nous avons deux fils qui ont emprunté à un an d’intervalle la rivière de la scolarité.

 

            Ils ont chacun un canoë avec une paire de rames.

 

            Ils rament tous les deux  mais :

                        L’un avance à la mesure de ses efforts

                        Tandis que l’autre progresse lentement, fait du surplace voire même recule

 

 

POURQUOI ?

 

Ce «  dernier «  est il fainéant ? : Non, il rame deux fois plus fort que son frère.

Ce « dernier » est-il fumiste ? Non il est malheureux de ne pas y arriver .

Ce «  dernier «  est il bête ? : Non, il démontre au quotidien son bon sens

Ce  « dernier » est il mal entouré ? : Non, il vit dans le même contexte que son frère.

Ce «  dernier «  est il faible de caractère ? : Non il est  même plus volontaire et résistant

 

EN FAIT, IL A UN POIDS DE CINQUANTE KILOS DANS SON CANOE :

 IL EST  « DYS »

 

Ce poids est caché sous la couverture du canoë, invisible de tous, parents, professeurs et même de lui  même  .Une fois, ce poids détecté :

 

 QUE FAIRE ?

 

Le laisser couler ? : Inimaginable !!!

Le faire descendre de son canoë ? : Impossible !!!!

Laisser faire la rivière ? : Inimaginable et impossible !!!!

 

ALORS, IL FAUT :

 

1 / Lui procurer des rames plus performantes :

 Rééducation, ergothérapie, psychomotricien, orthoptiste…/…

 

2/Lui trouver une rivière où le courant lui est favorable :

 Une équipe éducative informée, compréhensive et motivée 

 

3/ Lui former une équipe de supporters sur le bord de la rivière :

 Une famille optimiste, encourageante et attentive

 Un psy pertinent et positif

 Une activité extrascolaire valorisante

 

ALORS IL ARRIVERA A LA MER :

 

Il deviendra un adulte qui saura compenser son handicap, apte au bonheur et même plus fort que les autres car il aura su surmonter les obstacles dès son enfance.

Marie Pierre et Jean Marc membres de l'association



« Paroles de parents »

 

« C’est une enfant formidable avec un potentiel énorme malgré ses difficultés. C’est très important de le dire surtout à l’école » Maman de Sophie

 

« Difficile de cibler en quelques mots le long chemin qui nous a amené au dépistage d’une dysphasie chez Louise… c’est comme si elle vivait dans un monde différent, avec ses propres critères, ses propres grilles de lecture du monde qui l’entoure : en 6ème les enseignants nous disaient « votre fille est mal élevée et n’en fait qu’à sa tête » Maman de Louise

 

« A l’école je me sentais un peu isolé ; l’idée je l’avais dans ma tête mais je n’arrivais pas à trouver les mots pour le dire » François, adulte dysphasique

 

« Je conseille aux parents de persévérer dans leur recherche de diagnostic si la 1ère personne consultée ne connaît pas la dysphasie » Papa de Charles

 

« C’est un garçon, attendez le déclic… voici ce que j’ai entendu de mon entourage lorsque je m’inquiétais pour Vincent, quand, à 3 ans ½, il ne disait rien…j’aurais dû m’écouter davantage et ne pas perdre de temps dans les contacts à prendre » Maman de Vincent

 

« Nous avons enfin compris pourquoi notre enfant était si différent, si rebelle ; l’annonce du diagnostic a été difficile à entendre, mais nous a soulagés aussi » Papa de Fabien

 

« Quand notre fils voyait le psychologue, celui-ci nous a permis de comprendre qu’à trop vouloir l’aider à parler, on disait à sa place ; cela ne lui permettait pas de dire ce qu’il voulait vraiment lui…le psychologue nous a appris à mieux le comprendre et à le regarder d’une autre façon, pas seulement par les mots… » Maman de Victor

 

« Elle va chez une orthophoniste toutes les semaines et en psychothérapie une fois tous les 15 jours pour éviter que Valentine ne développe des troubles du comportement par souffrance » Maman de Valentine

 

« Dans une repas de famille, Loïc a du mal à participer à la conversation ; trop de bruit, de paroles, ; le temps de formuler sa question, celle-ci arrive comme un cheveu sur la soupe.. j’essaye de lui donner la parole, de le faire participer sans frustrer ses frères et sœurs qui trouvent qu’on s’occupe beaucoup de lui.. » Maman de Loïc

 

« D’accord pour l’intégration ordinaire, mais accompagnée. Sinon, c’et donner le droit à l’enfant qui ne sait pas nager d’aller dans le grand bain… Il lui faut des flotteurs, des maîtres nageurs qui sachent lui apprendre et qui lui tendent la perche le plus souvent possible. » Papa d’Antoine

 

« Quand j’essaie de projeter mon ado dans un métier futur, je panique. Pour éviter cela, je revois tous les progrès qu’il a faits depuis 2 ans et me dis qu’il me réserve encore des surprises » Maman de Matthieu

 

« A l’école, on a tendance à ne pointer du doigt que leurs difficultés plutôt que de mettre en avant leurs points forts » Papa de Justine


« Paroles d’enfants »

 

« Si j’ai bien compris, ici il faut être dys… pour que l’on fasse attention à nous »  frêre et sœur d’Arthur

« Ta maman travaille ? » «Oui, son travail c’est  de s’occuper de mes difficultés » Danaê, 8 ans

 

 


 

Par Lémos Dedys - Publié dans : Journée des dys
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